Bandeau Editions KC Galerie CK

Marguerite Noirel






Sculpture originale de Marguerite Noirel
Sculpture originale de Marguerite Noirel
Portrait de famille 97

Marguerite Noirel

Par Christian Karoutzos

Je ne parlerai pas de la technique et de la cuisine dans l'atelier. D'autres l'ont fait avant moi et j'ai souhaité éviter les redites.

Marguerite Noirel, dans un premier temps, s'affronte à la forme, à la matière, au volume et pour finir caresse l'épiderme avec ses peintures à l'huile afin que ses ouvres soient plus expressives.

Elle se rend aux établissements Bourbié, récupérateur de métaux à Issoire, et comme une archéologue, elle fouille pour extraire les éléments qui ont eu un vécu, une identité, une histoire et que la sciété a mis au rebus. Marguerite, par sa pensée et son acte leur donne une seconde vie.

En effet, les matériaux ferreux avaient déjà une vie antérieure et voilà qu'elle les fait revivre, ils nous regardent parfois avec des yeux inquiétants, troublants ou séduisants.

Ses sculptures, qu'elles soient thématiques ou non, participent aux bruissements de la vie. Que cherche-t-elle ? À séduire ou à provoquer notre imaginaire ? Probablement les deux à la fois.

Cet art est plus allusif que descriptif, hanté par l'empreinte et la fièvre gestuelle de cette figuration défigurée, des chevaliers en attente, des portraits interrogatifs ou mortifères dévisagent le spectateur, leurs yeux de verre participent à une rencontre et un dialogue particulier, presque intime. Dans l'ensemble de ces situations le traitement de l'objet sous forme d'élément hétéroclite définit un rapport de la conscience au monde.

L'artiste bouscule sa mémoire, elle met à nu une méthodologie qui, sous prétexte d'identifier le matériau, l'ôte de sa fonction première. La pensée ne connaît plus d'obstacle pour exercer ses pouvoirs et casse l'ordre établi des valeurs culturelles et sociales en nous offrant des expériences troublantes, en enquêtant sur son enfance à travers ses portraits encadrés, en puisant dans l'album de sa mémoire familiale des traces d'une identité égarée.

Elle recompose les strates d'une première jeunesse mêlant réel et imaginaire dans une suite de stéréotypes de la vie de famille et de la vie tout court. L'ouvre de Marguerite s'élabore comme une réflexion sur la nature fondamentale de nos sociétés et de l'essence même du geste artistique ainsi que la concrétude de la forme tridimensionnelle.

Cliquez sur une photo pour l'agrandir

Editions KC - Galerie CK - 4, rue du Terrail - 63000 CLERMONT FERRAND
Tél/Fax : 04 73 90 71 34 - Portables : 06 62 35 55 86